Hystérie

Une femme rousse aux cheveux courts, la cinquantaine s’assied. Bien habillée, élégante. Elle commence à marmonner pour elle-même, fronce les sourcils, semble très contrariée, ferme les yeux et s’enferme en elle même. Elle porte brusquement ses deux mains à sa bouche, comme pour se ronger les ongles, et se mord très fort le gras de l’index gauche, comme pour s’empêcher de crier. Elle repose les mains sur les genoux. Son doigt est très abîmé, déformé, porte la trace de la morsure, rougi à l’emplacement des dents, et blanc au milieu. Elle se démange les tempes, comme si elle voulait en arracher la peau. Avec violence, elle gratte le derrière de son crâne, le fouille de ses ongles pleins de fureur. Elle recommence son monologue soucieux et silencieux, les yeux mi-clos. Se gratte, mord son doigt, s’arrête. Gratte-mord, gratte-mord. Par moments, elle se calme, puis attrape son doigt avec vigueur et y enfonce ses dents. Elle semble prête à pleurer, à hurler.

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