Pour la musique

Ils viennent de la voiture précédente. Lui porte une grosse sono d’une main, par sa poignée. Elle le suit. Elle porte de vieux escarpins blancs aux bouts dorés écaillés. Une robe bleue roi et une veste de survêtement. Le train démarre, il allume la sono. La musique envahit brutalement le wagon. Elle attaque une chanson langoureuse en anglais. Quelque chose qui dégouline. Elle monte dans les aigus. Il ne la regarde pas. La chanson terminée, elle passe entre les sièges en secouant sous le nez des voyageurs un gobelet en plastique rempli de petites pièces. Personne ne donne. Elle revient vers lui. Il l’engueule dans une langue d’un pays de l’est. Elle proteste avec vigueur. A Montparnasse, ils descendent et courent vers la voiture suivante. Ses chaussures un peu grandes claquent contre ses talons à chacun de ses pas. Le métro repart. On entend l’homme qui chante dans sa langue, une chanson triste.

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