L’ivrogne

Il est monté en titubant, à Réaumur Sébastopol. Il a agrippé d’une pogne rouge, la barre verticale. Une bière dans une main, un sac Franprix dans l’autre, sa casquette bien enfoncée sur la tête. Une intense odeur d’alcool a envahi le wagon. Mal assuré sur ses jambes grêles, serrées dans un pantalon de cuir, il a entrepris de poser son sac de courses. Le sac à dos qu’il avait en équilibre sur une épaule, a glissé le long de son bras, le déséquilibrant, et a fini sur le sol, à côté du sac de courses. Il a lâché la barre métallique, changé la bière de main, et s’est penché pour caler le sac à provisions entre ses jambes, le sac à dos contre la barre. Château Landon, la porte s’est ouverte, des gens sont montés, d’autres sont descendus, bousculant sa fragile composition. Un paquet de pain de mie s’est échappé du sac. Il s’est baissé de nouveau, a posé sa bière par terre, a attrapé le pain de mie, l’a remis dans le sac, a rapproché les poignées de plastique, a lâché le sac, repris sa bière et doucement, s’est redressé. Gare de l’Est, nouvel arrêt, toute la manœuvre est à recommencer.

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