La vie en rose

Il massacre des airs connus au violon, elle l’accompagne au tambourin. Ils se font face, debout au milieu de la rame, lui trapu et campé sur ses jambes écartées, insensible aux soubresauts du métro, droit dans son costume dépareillé. Il ne regarde qu’elle, elle ne regarde que lui. Ils ont la soixantaine et des airs de vieux musiciens de bal. Il porte une casquette en tweed, une chemise blanche un peu douteuse, une cravate bleue à carrés verts. Elle rayonne dans son chemisier vert tendre à pois blancs. Il lui adresse un sourire complice lorsqu’il entame avec vigueur Kalinka. Elle redouble d’ardeur avec son petit tambourin. Ils jouent très fort et très mal, mais qu’importe. Puis il enchaîne avec La vie en rose, c’est le signal, elle retourne son instrument et se faufile dans les allées pour quêter. A Réaumur, ils changent de wagon.

3 thoughts on “La vie en rose”

  1. N’ayant pris que trois ou quatre fois le métro, (Je n’habite pas Paris), je retrouve malgrés tout l’ambiance parisienne. C’est une ambiance que l’on retrouve qu’a Paris !
    Bonne continuation.

  2. Toujours le même style d’écriture… encore et encore… dommage car tu sembles avoir du potentiel.

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