Les bijoux

Ligne 7. Elle se tient un peu raide sur son siège bleu taggué. Tailleur pied de poule au col en velours brun, escarpin et indéfrisable chic et peroxydée. Elle porte un bracelet et une montre dorés, une bague à chaque doigt, avec de gros cailloux dessus. Amétiste, saphir, rubis. Elle lance un regard rapide à ses voisins. Puis, très discrètement, elle fait pivoter les bagues autour de son doigt pour dissimuler les pierres.

7 thoughts on “Les bijoux”

  1. Son chauffeur ou ses amis devaient sûrement être indisponibles exceptionnellement !!
    Sinon, la 7, ce n’est pas la pire, tout dépend de l’heure en fait….

  2. C’est un très beau blog. Magnifiquement écrit, une belle observation, et beaucoup de poésie.

    Continuez, vous êtes un régal ! 🙂

  3. Ce que vous décrivez beaucoup de femmes le vivent à présent. Je prends le métro et moi aussi je tourne la bague que mon époux m’a offert pour la naissance de nos enfants. Je tourne cette bague par crainte d’être dépouillée du seul bijou que je possède et que j’aime porter sur moi. Nous ne nous sentons plus en sécurité en France en 2006.

  4. C’est bien écrit mais attention aux clichés ! une dame riche a le droit de l’être, tout dépend ce qu’elle fait de son argent ….cacher des pierres, ce peut être un peu de honte devant la misère des gens ….être bien coiffée et coquette, même avec des bijoux de pacotille qui en jettent un peu, même avec des vêtements de chez Tati ou achetés sur ebay, c’est le luxe légitime des gens de peu.

  5. Les transports en commun, un monde où tout le monde se cottoie, tout le monde s’ignore, tout le monde pense qu’il est seul digne d’intérêt… Quitte à shabiller de clinquant. Moi aussi, je les aime.

  6. Etait-ce de la peur d’être dépouillée, ou bien de la honte vis à vis de ses compagnons de route ?
    Retrouvons la et demandons lui !

  7. en décrivant scrupuleusement les faits on accède à quelque chose qui est indéchiffrable
    imbriqué dans la vie-même
    on saisit un fait en évitant d’y ajouter de soi, c’est à dire, d’en transformer la nature

    curieusement c’est comme si l’on accroissait la vision d’un regard
    en l’occurence, le tien
    et le résultat est une double réalité, vécue et vue (perçue)

    en bref, sans en dire plus, tu en dis plus que si tu en avais dit plus!

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